Un instant de nostalgie

à l'Abbaye Notre Dame des Dombes
© Michael Zeilfelder

Un an à l’Abbaye Notre Dame des Dombes et des souvenirs plein la tête…

MichaelMichael
Michael raconte

Je suis arrivé dans la Dombes il y a 10 ans, à l’Abbaye Notre Dame des Dombes.

En Allemagne, d’où je suis originaire, le service militaire existait encore à cette époque. Pour le remplacer, on pouvait faire un service civique. J’avais trouvé par hasard cette Abbaye qui accueillait régulièrement des personnes en service civique. J’avais postulé, ma candidature avait été retenue et j’avais fait mes bagages en direction de la France.

Je connaissais de la France: les grandes villes comme Paris, Lyon ou Strasbourg mais la Dombes m’était inconnue. Le premier regard que j’ai posé sur elle était à travers les fenêtres du TER. J’ai vu un étang et me suis dit que c’est charmant. Puis j’en ai vu un autre, puis un troisième, un quatrième ; le temps d’arriver à la gare de Villars-les-Dombes, j‘en ai vu au moins une dizaine, infime pourcentage, puisque la Dombes compte plus de 1 200 étangs, ce que j’apprendrai plus tard.

J’arrivais à l’Abbaye sans notion aucune de l’histoire du lieu et de la région, comme le faisaient les premiers moines qui y ont habité à partir de 1862.

Sans le savoir, j’ai emprunté le même chemin qu’eux, depuis Villars-les-Dombes jusqu’au Plantay. Comme eux, j’étais émerveillé par l’importance des bâtiments en brique et par cette architecture inhabituelle.

Je connaissais déjà la basilique de Fourvière à Lyon mais je ne me doutais aucunement que ces deux bâtiments avaient été conçus par le même architecte, Pierre-Marie Bossan. Je suis donc arrivé devant le portail, accueilli par Marie, Saint-Bernard et Saint-Benoît (en statue et non en personne), appréhendant l’année qui allait suivre.

Je franchissais néanmoins le portail, passais par le verger avec ses 700 pieds de pommiers pour être accueilli par René, le doyen de la communauté qui est la mémoire vivante de ce lieu.

Au fil de l’année j’ai pu apprendre beaucoup sur l’Abbaye et son histoire : la difficile fondation du monastère au XVIIIe siècle dans une région défavorisée et insalubre, la croissance de la communauté monastique et son influence positive sur les pratiques agricoles et piscicoles de la région, les actes de bravoure des moines durant la deuxième guerre mondiale en sauvant de nombreux juifs, et finalement leur déclin dans la deuxième moitié du XXe siècle jusqu’à la dissolution de la communauté dans les années 2 000 et la reprise de l’Abbaye par la communauté du Chemin Neuf.

J’ai pu percer les secrets de ce lieu : des caves remplies d’objets anciens et de matériel liturgique, en passant par le scriptorium avec les archives du monastère et plusieurs centaines de livres, jusqu’au grenier avec l’apothicairerie de la communauté et un accès secret au clocher.

 

Si les moines sont partis, ce n’est pas le cas pour leurs activités qui se poursuivent : j’ai pu travailler dans la ferme avec ses vaches dont la communauté utilise le lait pour faire son fromage, dans le verger avec ses 20 variétés de pommes qui sont transformées en jus et compotes et qui donnent les meilleures pâtes de fruits que vous pourrez trouver, et j’ai été initié à la fabrication de la fameuse Musculine.

Pour décrire ce produit, je laisse la parole à René : « La Musculine est un fortifiant inventé par le Docteur Guichon qui a confié la recette aux moines de Notre Dame des Dombes. Il s’agit d’un mélange de viande séchée, fruits, miel et sucre qui est broyé, étalé, séché et découpé en petits bonbons. Très protéinée et calorique, la Musculine est idéale pour les sportifs de haut niveau, personnes âgées et personnes en convalescence suite à une longue maladie. Présenté à Napoléon III en personne lors de l’Exposition Universelle à Paris, la Musculine est toujours produite exclusivement à l’Abbaye Notre Dame des Dombes. ».

 

L’année m’a permis de découvrir la Dombes sous tous ses aspects : les prairies couvertes de pissenlits au printemps, le ciel bleu qui se reflète sur les étangs en été, les célèbres pêches d’étangs en automne et l’hiver rigoureux avec une épaisse couche blanche qui couvre les toits et les champs.

Enfin, arrivé à la fin de mon service, je n’ai pu me séparer de cet endroit et j’ai décidé de quitter ma terre natale et de rester dans la région.

 

 

Guide conférencier dans la Dombes, j’ai la chance aujourd’hui de pouvoir partager et faire connaître ce patrimoine riche d’histoire. Et même si beaucoup de lieux ne sont pas ouverts au public, l’Abbaye est un détour incontournable avec son église du style épuré des cisterciens, son architecture caractéristique de la Dombes en briques et l’Oratoire de Tibhirine avec des icônes orthodoxes qui témoignent d’un savoir-faire délicat.

Après votre visite, n’oubliez pas de faire un tour au magasin de l’Abbaye où vous pouvez trouver fromage, jus de pommes, confitures, Musculine et de nombreux produits artisanaux.

Pourquoi faut-il venir ?

Un patrimoine d'exception
Une histoire unique
Des produits de qualité
On vous dit tout !

Comment vivre cette expérience ?

 

  • L’Abbaye se visite librement tous les jours de 10h à 18h sauf le mardi
  • Le magasin est ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 12h et de 14h30 à 18h
  • L’Abbaye propose de nombreuses activités lors des Journées Européennes du Patrimoine et du weekend De Ferme en Ferme.

Abbaye Notre Dame des Dombes

1600 Route de l’Abbaye

01330 Le Plantay

  04 74 98 14 40

  contact@dombes-tourisme.com

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